De Moscou à Nijni-Novgorod

Michel Strogoff, un Sibérien venu d'Omsk

La Sibérie
La Sibérie

Un voyage en Sibérie

Lui ! Michel Strogoff, n'aurait ni canons, ni cavaliers, ni fantassins, ni bêtes de sommes. Il irait en voiture, ou à cheval, quand il le pourrait à pied, s'il fallait aller à pied. Les 1400 premiers verstes (1493 kilomètres), mesurant la distance comprise entre Moscou et la frontière Russe, ne devrait offrir aucune difficulté...

Michel Strogoff
Michel Strogoff

 

Ce matin du 16 Juillet, muni d'un sac de voyage qu'il portait sur son dos, vétu d'un simple costume Russe : Tunique serrée à la taille, ceinture traditionnelle du moujik, large culotte, bottes sanglées à la jarretière, Michel Strogoff se rendit à la gare pour y prendre le premier train.

La Gare
La Gare

Il ne portait point d'armes, ostensiblement du moins, mais sous sa ceinture se dissimulait un revolvers, et, dans sa poche, un de ces larges coutelas qui tiennent du couteau et du Yatagan*, avec lesquels un chasseur Sibérien sait éventrer un ours, sans détériorer sa précieuse fourrure.

Un Yatagan
Un Yatagan

Le train dans lequel Michel Strogoff prit place devrait le déposer à Nijni-Novgorod où la plupart de ceux que transportait le train, étaient des marchands qui se rendaient à la célèbre foire de Nijni-Novgorod.

Ces égoïstes ne considéraient la guerre qu'au seul point de vue de leurs intérêts menacés.

La présence d'un simple soldat, revêtu de son uniforme, eût certainement suffi à contenir les langues des marchands. mais, dans le compartiment occupé par Michel Strogoff, rien ne pouvait faire soupçonner la présence d'un militaire, voué à l'incognito, n'était pas homme à se trahir.

Les passagers du train
Les passagers du train

LE MARCHAND PERSAN :

On affirme que les thés de caravane sont en hausse.

 

UN VIEUX JUIF :

Oh ! Les thés n'ont rien à craindre de la baisse. Ceux qui sont sur le marché de Nijni-Novgorod s'expédieront facilement par l'Ouest, mais il n'en sera malheureusement rien de même des tapis de Boukhara !

 

LE MARCHAND PERSAN :

Comment ! Vous attendez donc un envoi de Boukhara ?

 

UN VIEUX JUIF :

Non, mais un envoi de samarcande, et il n'en est que plus exposé ! Comptez donc sur les expéditions d'un pays qui est soulevé par les Klans depuis Khiva jusqu'à la frontière chinoise !

 

LE MARCHAND PERSAN :

Bon ! Si les tapis n'arrivent pas, les traitres n'arriveront pas davantage, je suppose !

 

UN VOYAGEUR :

Vous avez raison, les articles de l'Asie Centrale risquent fort de manquer sur le marché, et il en sera des tapis de samarcandes comme des laines, suifs et des châles d'Orient.

 

UN VOYAGEUR RUSSE :

Eh ! prenez garde, mon petit père ! Vous allez horriblement graisser vos châles, si vous les mêlez avec vos suifs.

 

LE MARCHAND PERSAN :

Celà vous fait rire !

 

UN VOYAGEUR :

Eh ! Quand on s'arracherait les cheveux, quand on se couvrirait de cendres, celà changerait-il le cours des choses ? Non ! pas plus que le cours des marchandises

 

LE MARCHAND PERSAN :

On voit bien que vous n'êtes pas marchand !

 

UN VOYAGEUR :

Ma foi, non ! Je ne vends ni houblon, ni edredon, ni miel, ni cire...

 

LE MARCHAND PERSAN :

Mais achetez-vous ?

 

UN VOYAGEUR :

Le moins que je peux, et seulement pour ma consommation particulière.

 

UN VIEUX JUIF :

C'est un plaisant !

 

LE MARCHAND PERSAN :

Ou un espion !

 

 

Chants traditionnels Russe - Gypsy Music :